nightshift

Double projection vidéo, 4 canaux audio, 18:49 min, 2020

Deux écrans juxtaposés latéralement confrontent deux points de vue d’un même lieu. Soit un plan fixe traversant une fenêtre ouverte sur l’espace extérieur, et un plan panoramique parcourant l'intérieur de la même pièce bordée de fenêtres fermées.

Filmés de nuit, les deux plans sont rendus opaques par l'obscurité et contraignent le regard dans un horizon qui se boucle tautologiquement sur lui même. Le mouvement imperceptible des images, leur lenteur hypnotique induit un sentiment de répétition et d'enfermement renforcé par la structure cyclique du travelling.

La bande-son est produite par un glissando librement inspirée par l'illusion de descente infinie que produit une gamme de Shepard. Un effet de panning distribue le son dans quatre enceintes dans le but d’intensifier la sensation de rotation. Seule la rumeur de la ville, lancinante et cristalline, nous extraie de cette torpeur par l’introduction d’événements sonores imprévisibles.

Cette idée de déplacement immobile et de révolution sans fin est à la base de la réalisation de la pièce qui comme dans le célèbre palindrome « in girum imus nocte et consumimur igni » veut produire le sentiment d'une vacuité obscure, insondable et inexorable.